Notre socle : la systémique

La systémique est une méthode d’analyse des phénomènes complexes à partir des interactions entre les éléments qui les composent

< !—>

Les prémisses de la méthodologie de l’analyse systémique remontent aux années 1930.

Au départ, la systémique s’intéressait à analyser le fonctionnement des « grands systèmes » organisés (le système solaire, les systèmes chimiques, biologiques, etc.).
Ensuite, l’école de Palo Alto est partie de cette utilisation très large et l’a employée de manière plus restrictive pour étudier le changement dans les systèmes humains restreints (individus, couples ou familles).
Ceci a obligé ses praticiens (notamment Watzlawick, Weakland et Fisch) à rechercher et à développer des connaissances dans le domaine de la pragmatique de la communication. D’une part pour comprendre les modes de communication de leurs patients (individus, couples ou familles), mais aussi pour apprendre à intervenir stratégiquement auprès d’eux.

Il faut savoir que la pragmatique de la communication est la discipline qui étudie la manière dont une communication (verbale ou non-verbale) influence le comportement d’autrui. Que dois-je dire ou faire ou, ne pas dire ou ne pas faire pour qu’il / elle réagisse de telle ou telle manière ?

Nous parlons de systèmes humains.


Mais qu’est-ce qui caractérise un ensemble d’individus (par exemple les gens d’un quartier qui se fréquentent peu) par rapport à un système organisé ?

Un système (e.g., individu, couple, famille, entreprise…) est un ensemble structuré d’éléments en interaction. Ce qui unit chaque système c’est l’échange entre ses participants qui exercent une influence réciproque (à travers la communication) et qui ainsi contraignent les comportements des uns par rapport aux autres. Donc tout système est relié par la communication et organisé autour d’une ou plusieurs finalités.

La nouvelle génération de l’école de Palo Alto dont est issu CIRCÉ a ouvert son intervention aux systèmes humains plus larges.
En utilisant les méthodes d’analyse pragmatique des processus de communication et la mise en place de stratégies c’est alors possible de promouvoir des négociations entre factions politiques, la mise en place de dispositifs pour préserver la santé au travail auprès des entreprises, la réorganisation des ministères, etc.

Au cœur de l’approche systémique, on retrouve la cybernétique

L’« art de retrouver son chemin », comme l’appelait Ross Ashby. S’appuyant ci-dessus, le modèle de Palo Alto centre son intervention sur les processus récurrents qui vont nourrir la souffrance (et/ou problème). Ces processus sont appelés tentatives de solutions puisqu’ils sont mis en place par des individus ou des groupes afin de résoudre leurs difficultés. Par l’étude des feed-backs on va pouvoir comprendre la manière dont les solutions "tentées" pour résoudre un problème permettent que ce dernier disparaisse, évolue ou se renforce.

Souvent, le client s’acharne à mettre en œuvre des tentatives allant dans le même sens, basées sur une logique linéaire cause/effet, même si, au final, elles aggravent le problème.
Pour résoudre ces situations, le thérapeute ou le coach devra donc comprendre et analyser avec le client le mécanisme "linéaire" qui l’amène à produire « plus de la même chose », quand il souhaite en fait… un changement !

Quelques exemples : Un changement linéaire peut être celui de faire étudier son enfant matin, midi, soir et week-ends puisqu’il déteste l’école et ne travaille pas bien. Un autre peut consister à éviter ce qui nous fait peur, nous rendant de plus en plus incapable de l’affronter. Ou encore, d’essayer de convaincre une équipe à coup d’arguments quand en fait ils ne souhaite pas le changement.
1. Le premier travail du systémicien est de factualiser la manière dont le client « alimente involontairement son problème » par une erreur d’analyse, par un blocage émotionnel ou par des symptômes plus ou moins paroxystiques.
2. Le thérapeute ou le coach proposera des expériences stratégiques (expériences émotionnelles correctrices) à mettre en place pour altérer les processus ironiques (ou paradoxaux) et remettre le système sur un nouveau cap.
3. Ces stratégies aménent le client à faire des expériences concrètes de changement dans sa vie quotidienne, tout en lui permettant de reconquérir sa liberté d’action. En faisant des expériences nouvelles il va changer la nature de ses relations avec le monde, les autres et avec lui-même.

L’appellation Stratégique Brève concerne toute approche de résolution de problème centrée sur l’objectif à atteindre.

Par le recours à diverses techniques de changement, cette approche n’établit pas un protocole préconçu mais procède par autocorrection permanente en fonction des informations reçues en retour. Celles-ci permettent de répèrer la distance à l’objectif et le cap à suivre pour l’atteindre.

En passant par des échanges qui pourraient paraître anodins, le thérapeute/coach utilisera, selon les besoins, différents niveaux d’influence maîtrisée et consciente.

Partant des stratégies d’influence jusqu’au, si besoin, le langage hypnotique et ses effets (comme dans le traitement de la douleur chronique). Ces techniques de changement peuvent sembler comme « allant de soi » mais peuvent aussi être des injonctions paradoxales. Des exemples : puisque tenter de dormir ne marche pas, je vous propose de faire tout votre possible pour rester éveillé les trois nuits prochaines…

Voici la manière dont on peut structurer les techniques de changement :

Quand la réaction des individus est principalement issue d’une réflexion, « une stratégie », le thérapeute/coach peut aider en permettant à son client de prendre du recul sur son analyse du problème et de trouver une stratégie de résolution plus efficace, simple et rapide.

Quand la réaction est émotionnelle, repérable (peur de l’avion, colère contre son mari) et qu’elle empêche la personne de mettre en place des comportements qu’elle-même évalue « dans son propre intérêt », le rôle du thérapeute / coach est de lui permettre de dépasser cette « emprise émotionnelle » en proposant des expériences qui lui permettent de mieux utiliser ses émotions. Réussissant à « oser face à la peur, distiller sa rage, traverser sa tristesse, doser son plaisir… »

Quand la réaction est violente, subite et que la personne ne sait pas comment faire pour prendre du recul (réaction symptomatique), le thérapeute fera appel aux techniques paradoxales. Ces dernières permettent au patient de reprendre « du recul et du contrôle » sur ses symptômes. Par exemple, en suivant le vieux stratagème d’éteindre le feu en rajoutant du bois.